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L’initiative remarquable de MOSL Esports Universe au cœur de la crise sanitaire

Une occasion de surmonter la crise sanitaire en conciliant

sites touristiques et jeux vidéo ?

· tournoi esport,Web TV

Comme vous le savez peut-être, le coup de lancement du parcours MOSL ESPORTS UNIVERSE est reporté à cause de la crise sanitaire. Il devait avoir lieu ce samedi 28 novembre au château de Malbrouck. Les participants seront tenus au courant en fonction de l’évolution de l’épidémie. Nous espérons vous annoncer rapidement une nouvelle date pour cette première étape de compétition, qui se déroulera en neuf étapes pour permettre aux meilleurs joueurs de la Moselle de se révéler. N’hésitez pas à consulter régulièrement le site de l’événement ainsi que nos réseaux sociaux.
En attendant cet événement unique, nous vous proposons de faire un tour d’horizon des moyens mis en œuvre dans le monde de l’esport pour mettre en avant des sites touristiques avec les contraintes actuelles de la crise sanitaire.

Avant l’arrivée de cet épisode d’épidémie, l’esport était déjà devenu une part de l’industrie touristique mondiale, comme l’avait montré Electronics Sports League Gaming dans un article daté de juillet 2014. En effet, de même que pour l’organisation d’événements sportifs traditionnels, les tournois d’esport, comme les LCS world finals au stade World Cup de Séoul, génèrent une organisation et une économie dans le secteur touristique à l’échelle nationale et internationale. La plupart des articles universitaires et journalistiques sur le sujet mentionnent surtout des données monétaires, mais discutent peu des sites touristiques ou de découvertes des cultures locales.

Pour rappel, cet événement unique en Europe doit se dérouler en neuf étapes, pour permettre aux meilleurs joueurs de la Moselle de se révéler, et peut-être venir renforcer l’équipe Helios Unity. Notre équipe a déjà fait ses preuves en Europe et à l’international, et elle l’a encore montré lors du dernier week-end de septembre de cette année (voir l’article de Alwyn "SspideR" du 1er octobre 2020). Plus qu’une compétition, le MOSL ESPORT UNIVERSE est une initiative prise conjointement entre Cogaming et la Moselle pour faire vivre une expérience esportive excitante tout en offrant une nouvelle visibilité à des lieux touristiques du département. En effet, le parcours mosellan a pour intérêt de faire découvrir des sites que la plupart des personnes ne visitent peut-être qu’en sortie scolaire ou le dimanche en famille. Avec la crise sanitaire, nos déplacements sont limités et les regroupements interdits. Le secteur touristique a beaucoup souffert du premier confinement, alors que les audiences sur les streaming d’ESL ont augmenté, d’après Vincent Marty le directeur général en France. Le numérique permettrait de redonner l’accès aux sites touristiques et au patrimoine, et susciter un intérêt nouveau auprès des joueurs et des spectateurs.

D’autre part, précisons que le tourisme ne se réduit pas aux monuments historiques ou aux musées. Parmi les sites touristiques du parcours MOSL ESPORT UNIVERSE, il y a, certes, des sites qui représentent une partie de l’histoire militaire de France comme la citadelle de Bitche et le fort de Hackenberg. Mais le parcours propose également de passer par des lieux plutôt axés sur l’environnement et le divertissement, comme le Center Parcs des Trois Forêts et l’étape finale à la Gaming Arena E-Max d’Amnéville. Dans certains pays en voie de développement par exemple, où l’esport prend part aux investissements du gouvernement en matière de tourisme, la plupart des tournois se déroulent souvent dans des stades construits en périphérie des grandes villes et des capitales, ou dans des lieux spécifiquement dédiés au divertissement. C’est le cas de l’Arena of Stars de Resorts World Genting, situé à une heure de Kuala Lumpur, la capitale de la Malaisie, qui a accueilli en janvier 2017 une compétition de DOTA 2 pour l’ESL ONE. Mais l’alliance de la Moselle et de Cogaming est inédite car grâce à la notoriété d’Helios Gaming, que nos joueurs locaux ont construite à l’international, le tourisme mosellan pourrait bien être revitalisé après cette année bouleversante. De fait, l’esport mosellan contribuerait au rayonnement des sites touristiques qui témoignent de l’identité particulière de la Moselle, située au cœur d’une région dynamique sur de nombreux plans. Par conséquent, cette initiative commune est remarquable puisqu’elle prévoit de mettre en scène l’attractivité du territoire, représentée par les différents lieux où se dérouleront les compétitions, en donnant l’occasion aux talents locaux de donner le meilleur d’eux-mêmes sur plusieurs types de jeux. Surtout, cet événement programmé sur toute l’année pourra être suivi sur la Web TV d’Helios Gaming par des publics intéressés soit par les jeux vidéo, soit par les sites touristiques présentés, ou même par les deux !

D’autres exemples récents montrent la réactivité des acteurs de l’esport pour mettre en avant des sites touristiques avec les contraintes actuelles de la crise sanitaire, et continuer à faire vibrer les joueurs en cette période morose, quand il commence à faire froid dehors et que le soleil se fait rare.
Comme l’avait montré Electronics Sports League Gaming dans un article daté de juillet 2014, avant même l’arrivée de cet épisode d’épidémie, l’esport était déjà devenu une part de l’industrie touristique mondiale. De même que pour l’organisation d’événements sportifs traditionnels, les tournois d’esport, comme les LCS world finals au stade World Cup de Séoul, génèrent une organisation et une économie dans le secteur touristique à l’échelle nationale et internationale. La plupart des articles universitaires et journalistiques sur le sujet mentionnent surtout des données monétaires, mais discutent peu des sites touristiques ou de découvertes des cultures locales. Pourtant, en France, les collectivités locales et les institutions culturelles s’intéressent de près à ce phénomène pour renouveler leur attractivité, et diversifier les publics.

 


Dans un article publié le 28 septembre 2020 sur le site spécialisé dans le tourisme digital T.O.M., Cyril Blanchet proposait une réflexion sur la capacité de l’esport à « renouveler l’attractivité des destinations à travers le développement de l’évènementiel ». En déployant son argumentaire, l’auteur prend l’exemple de l’édition 2020 d’Occitanie esport : ESL et PSL Occitanie esport avaient collaboré les 26 et 27 septembre derniers avec la Région Occitanie/Pyrénées-Méditerranée pour organiser cette édition, pour laquelle des compétitions sur Fortnite, Valorant et Rocket League étaient prévues, entre autres. Un autre article du même site, publié cette fois par Julia Luczak-Rougeaux le 14 octobre 2020, précise justement qu’au cours de cette 3e édition, les qualifications pour la compétition amateur de Fortnite devaient se dérouler de mars à mai sur plusieurs villes de la région. Cela rejoint l’idée de mettre en valeur à la fois les « destinations » touristiques et « l’écosystème de studios et d’écoles » locaux. Le Co-managing Director d’ESL Gaming France, Désiré Koussawo, explique que le parcours initialement prévu a finalement été transposé dans le jeu, grâce au monde construction, qui a permis de reconstituer des monuments représentatifs de chacune des villes. Grâce à cette adaptation, les sites touristiques ont été valorisés d’une manière nouvelle : les commentateurs apportaient notamment des commentaires historiques sur les monuments qui apparaissaient. Aussi, d’après une anecdote confiée par Désiré Koussawo citée dans l’article, un joueur s’est rendu devant les arènes de Nîmes après la compétition pour montrer l’endroit où il s’était fait tué. Si la compétition s’était simplement déroulée dans la ville, il n’y aurait sans doute pas eu cette fusion entre le site touristique et le jeu. La ville aurait servi de lieu d’accueil, mais les personnes engagées dans cette compétition n’aurait peut-être pas porté autant d’attention à la médiation rendue possible par le numérique entre les cultures patrimoniale et vidéo-ludique.

Autre exemple similaire français, plus récent, cette fois-ci du côté de Tours. L’agence d’événementiel gaming WSC Group et la région Centre-Val de Loire, représentée par le conseiller régional délégué au numérique Valentin Gambutto, ont eu l’idée de recréer les châteaux de la Loire dans le jeu Fortnite pour l’équipe Solary. Tous les acteurs de ce partenariat sont de la région, y compris le vidéaste et vulgarisateur d’histoire Nota Bene (Benjamin Brillaud) qui participe à l’événement pour fournir des commentaires sur les sites représentés dans le jeu. Ainsi, chaque semaine du 4 décembre 2020 au 15 janvier 2021, l’équipe Solary testera une des cinq maps créées. En plus, les joueurs pourront télécharger au fur et à mesure des semaines sur le site Goodnite chacune de ces maps, qui représentent Chambord, Amboise, la Valette, Chaumont et enfin du Clos Lucé pour la finale (là où Léonard de Vinci est venu sur invitation du roi François Ier). Comme vous pourrez le lire dans l’article écrit par Bertrand Mallen, c’est encore un bel exemple de partenariat entre les lieux patrimoniaux, qui doivent non seulement garder une visibilité auprès de leurs visiteurs habituels mais aussi toucher de nouveaux publics, et l’écosystème de l’événementiel esport, qui poursuit l’organisation des compétitions qui ont lieu en ligne.


Alors, non, la reconstitution numérique du patrimoine n’est pas une idée franco-française, même si on est quand même fiers d’assister à cette dynamique créative et solidaire. Figurez-vous que l’économie si bien portante de l’esport pousse des entreprises à diversifier leurs activités, comme la marque de café italienne Lavazza qui s’est associée à l’équipe Fnatic, basée à Londres, pour la création d’une map sur Fortnite. Sur cette map, on retrouve une reconstitution du siège de Lavazza, au milieu d’autres monuments emblématiques du patrimoine italien comme le Colisée. Le joueur qui complètera la map le plus vite possible remportera une rencontre avec le joueur Fnatic du jeu Fortnite Giorgio “POW3R” Calandrelli.

Bref, vous avez compris que Fortnite est le jeu qui a sauvé les tournois qui devaient se dérouler en collaboration avec les collectivités locales. Qu’en est-il des autres jeux ? Les compétitions se déroulent comme prévu, mais pourquoi ne pas organiser les compétitions sur les sites touristiques, qui seraient filmées et retransmises en ligne pour permettre à tous d’y assister sans se déplacer ? Après tout, à Metz, le sentier des lanternes de Noël a bien été installé dans le square Bouflers plutôt qu’au jardin Fabert pour être filmé et visité en ligne. En tout cas, cette période de restrictions représente véritablement une opportunité pour le numérique, et surtout l’esport, de montrer leurs capacités à relancer le tourisme dans les sites impactés par la crise. Les outils et les idées sont là, reste à évaluer les contraintes techniques, budgétaires et sanitaires ; mais la vitalité du secteur de l’esport a de grands atouts pour convaincre le secteur du tourisme et du patrimoine.

Amandine Martin

Sources :

Alexandre BERTHAUD, « L'esport, une discipline en plein essort grâce au confinement... mais économiquement fragile », France TV Info, 17 novembre 2020.
Chili & Churp, “Event Tourism : eSports”, I-D Online
Sebahattin Emre DİLEK, “E-sport Events Within Tourism Paradigm : A Conceptual Discussion”, International Journal of Contemporary Tourism Research 1, , 2019 (12 – 22):
Julia LUCZAK-ROUGEAUX, “Comment un évènement esport a fait rayonner la région Occitanie », TOM Travel, 14 octobre 2020
Bertrand MALLEN, “Ils ont refait Chambord dans Fortnite : la région annonce un Centre-Val de Loire Tour pour marier esport et patrimoine”, France TV Info/France 3 Régions, 20 novembre 2020
News Desk, « ONE Esports, tourism ministry challenge gamers through Mobile Legends Pro League”, The Jakarta Post, 5 novembre 2020
Jonno NICHOLSON, “Lavazza enters esports with Fnatic partnership”, Esports Insider, 10 novembre 2020
Maxime ROCHEUX, « e-sport et territoires, une équation gagnante ? », 13 juillet 2020
Ed TOMASI, « Esports as a tourism generator? It’s more likely than you think!”, VentureBeat, 6 novembre 2019

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